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Le réseau des métiers du design numérique

L'avènement des nouveaux usages et des interfaces riches, dont la grammaire d'interaction est de plus en plus sophistiquée, place encore plus au coeur du design la problématique de la fonction. L'opposition fonctionnalisme vs. ornementalisme (Jean-Louis Fréchin rappelle souvent que la France est le pays des Arts Décoratifs) est une constante dans la pratique du design, dont l'intervention se réduit souvent en surface à créer un "habillage" graphique. Les projets sont souvent abordés selon un angle technologique ou marketing, mais rarement en termes d'innovation (= design).

Avec les nouveaux outils de développement d'applications riches (Flex, Silverlight), la question du "designer/developer workflow" est revenue sur le devant de la scène. Comment réinventer le couple designer / développeur ?

Suite à la table ronde designers vs. développeurs, au ReMIX08, le 17 avril 2008, je vous propose d'échanger sur les relations designers/développeurs.

Quelle place pour le design dans un projet ?
Quelle est l'influence des outils ? Sont-ils une des solutions ?
Quels sont les nouveaux modèles de collaboration entre les designers et les développeurs ?

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Réponses à cette Discussion

Une remarque suite à la table ronde designers/developpeurs :
A propos des nouveaux livrables et notamment du storyboard, je voulais donner l'exemple du jeu vidéo. Certains studios de développement maquettent les projets de jeu sur Virtools, qui est un environnement de développement utilisant une programmation graphique (des boites et des fils qui les relient type MaxMSP) relativement compréhensible pour le non initié ET multimédia (3D, 2D, interactions, son...). Cela permet d'avoir rapidement des objets interactifs avant de rentrer dans le code plus fastidieux du moteur du jeu définitif (unreal, renderware etc...).
Peut-être cela peut-il inspirer un outil pour le Web ?

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Toujours à propos de la table ronde d'hier; j'ai été dans l'ensemble plutôt déçu. Les échanges (si on peut parler d'échanges) ne sont pas rentrés dans le vif du sujet, à savoir la relation au quotidien du développeur et du designer. Mis à part quelques expériences personnelles (un peu légères) et un rappel des fondamentaux du design, le contenu était un peu creux.
Ceci dit, l'initiative était bonne, et quelques bonnes idées de débats (par exemple la présence utile ou non des développeurs dans les brainstorming pré-projet) ont bien ponctués le tout. Mais pourquoi ne pas avoir approfondi ces sujets, qui étaient quand même la base de cette réunion? (Mis à part Silverlight, dont on a pas non plus forcément parlé).
Mais cela ne m'empêchera pas de venir à la prochaine, je garde la confiance ! ;)

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Bonjour,
Je n'ai pas pu assister à la table ronde. Mais je vais essayer d'illustrer cette problématique par un cas concret. Je travaille en ce moment chez Orange France comme concepteur/interactive designer/ergonome. Bon, je suis un peu leur mouton à 5 pattes, mais c'est très intéressant.
Mon premier projet chez eux a été de penser une RIA vidéo. La manière d'aborder un projet chez Orange n'est pas si mal pensée. Ils réalisent un brief/expression de besoin avec les chefs de produits. Puis ils se tournent vers une première expertise technique, d'où ils en tirent un business modèle. Ils complètent le brief par une étude comparative, concurrentielle, plus un cahier de tendance. (la démarche globale de ce cas est assez rare tout de même, voilà pourquoi j'en parle).

Quand ils ont ces éléments, ils font appels à un concepteur.
Je n'avais jamais réalisé de RIA vidéo. Mais avec ce cahier d'expression de besoin, j'ai pu en quelques jours me faire une très bonne idée du projet. Mais là où j'ai pu pleinement "concevoir" c'est quand, dès le début du projet conception, j'ai été en binôme avec un développeur senior. Il avait réalisé la même étude que moi, mais sur le plan technique et faisabilité, plus une étude approfondie Flex vs Silverlight.
Sans son expertise j'aurais perdu des jours à lire des tonnes de forums pour me faire une idée sur la solution technique. Le fait de décorreler les 2 taches m'a permis de me concentrer sur la RIA, dans son approche globale, son interactivité, son ergonomie.
J'ai pu répondre à la promesse d'une interface simple à utiliser ayant la garantie technique que chaque idée était réalisable.
Pour finir, nous avons beaucoup parlé de ce que nous pouvions faire. Le dév. était force de proposition, car chacun de nous a des idées, ne l'oublions pas. Puis j'ai synthétisé l'ensemble en me concentrant sur mon métier.
Le travail a été très rapide, validé en amont par une chaine technique / marketting/ conception / chef de produit.
Nous sommes à la dernière phase, celle du graphisme. Et là, les gars s'éclatent. Ils ont un cahier complet de ce qu'est le projet, ils ont toutes les recommandations. Le rêve.

Je voudrais insister sur le fait que tous mes projets depuis 6/7 ans sont toujours élaborés en binome. Une idée nait de plusieurs experts, puis a besoin de prototypage. On les test, on les décortique, puis on ne garde que les plus adaptées. Personnellement, je n'ai pas la capacité à faire tout les métiers, et surtout pas la volonté.

Ma réponse est un peu longue, désolé.
Je travaille depuis tant d'année en binome, que pour moi, la question ne se posait même pas. Je suis juste surpris :)

Merci.
Johan

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Bonjour à tous, et encore bravo pour l'ensemble des initiatives prises par Designers Interactfis et à ses "permanents" pour donner vie et visibilité à la communauté des Interactifs.

Plusieurs commentaires suite à cette table ronde.

Le premier est que pour important que soit le domaine du webdesign, et de ses périphéries, il ne peut prétendre à contenir ou représenter l'ensemble des situations où développeurs et designers sont amenés à se cotoyer.
Ainsi, il se cotoyent aussi forcément sur logiciel comme Word, Photoshop, ou Filezilla, ou Catia. Et la nature de leur relation va être significativement différente suivant qu'ils collaborent sur l'un ou sur l'autre.
Prenez des logiciels comme Catia, Alias, Ou SolidWorks (modélisation 3D) : comment rendre intelligible l'utilisation complexe de tels outils ? Comment en faciliter la prise en main, voire l'autoaprrentissage ? Comment en expliciter les mécanismes, process, workflow ? Un défi pour le designer qui n'est pas sans impact sur le développeur.

Le deuxième est une méta-question ! "Comment le designer et le développeur collaborent-ils sur des outils destinés ... au designer !".
Dans ce cas, le designer est à la fois en amont et en aval du processus de conception, à la fois concepteur et utilisateur final. Question réflexive s'il en est. Il y a sans doute quelque chose à apprendre de ces situtations.

Le dernier, et plus important, est relatif à la question éditoriale. Si il est une révolution apportée par le web, c'est bien de positionner toute entreprise comme un éditeur. La question éditoriale est donc au centre de la démarche de conception d'un site web, quelle que soit sa génération.
Or cette question a été absente du débat. Loin d'être donc une histoire à deux, on se retrouve avec une histoire à trois, l'éditeur venant s'inviter dans le couple designer/développeur.
Plusieurs questions se posent alors :
* qui a le lead en amont ? Le designer ou l'éditeur ?
* en quoi la plasticité du contenu sur le web vient percuter voire compliquer la tâche du designer ?
* le designer et l'éditeur peuvent-ils se confondre ?

La prépondérance du contenu - en tout cas pour les sites éditoriaux (i.e. pratiquement tous les sites hors les sites vitrines) vient plaider pour la prépondérance de l'éditeur sur le designer, et en tout cas sa position en amont.
La plasticité du contenu (dynamicité, diversité, origine, maitrise) vient incontestablement compliquer voire complexifier la tâche du designer. Comment faire du bon design quand on ne maitrise pas la forme de ce que l'on doit mettre en scène ? La syndication de contenu (et donc l'origine de ceux-ci) par exemple vient potentiellement faire voler en éclat la qualité du design d'un site.

La confusion des expertises (editoriales/design) est possible mais probablement pas systématique. De la même manière qu'il peut y avoir des "Devsigners", il;peut y avoir des "Edisigners", "voire des Devedisigners".

Il y a donc de nouvelles branches dans la tératologie du design interactif.

Ces monstres existent, j'en connais quelques uns.....

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Est-il possible que le designer, ne soit que designer. Non je ne croit pas, mais avec un bon developper, le designer, ou même le devsigner... s'éclatte. Les propositions faites, seule le dev est capable de dire si c'est réalisable ou non. Le designer s'appuit sur le dev et l'éditeur n'a pas le choix ou il va voire ailleur. De toute façon il est séduit car l'équipe est bonne.

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Claro

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Je viens de voir un projet labellisé Cap Digital qui s'attacherait au sujet : Projet GENIUS : modéliser l’activité cognitive
des designers en particulier lors
des phases préliminaires de catégorisation
d’images et de génération de formes. proposer un outil
numérique visant à aider ces designers lors des tâches
de la structuration et la mémorisation des données
et de la génération de nouvelles solutions formelles. Le résultat attendu de ce projet est donc un logiciel capable de supporter l’activité des designers en conception, et plus précisément les deux phases que sont la catégorisation d’images et la génération de formes. Nous découpons ce logiciel en trois volets : la catégorisations d’images (pour l’extraction de composantes design), la génération de formes (pour la génération de modèles), et la visualisation (interface de réalité virtuelle).geNIUs
Plus...

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toujours le sempiternel problème de la division du travail, en créant une catégorie designer et une catégorie développeur, on arrive à se genre de problème une mise en opposition de l'un et de l'autre. Nos métiers se développent mais plus ils se développent et plus on les segmente, plus on les segmentent pour toucher les microniches, plus les adversités se développent à trop vouloir se définir on ne fait que s'isoler un peu plus chaque fois.
le designer est mort, le développeur est mort, vive l'équipe, le crew, la team.

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Dans le domaine du son, il est admis qu'un compositeur dusse être à la fois très "sensible", posséder une certaine esthétique fonctionnelle, et enfin être un cartésien absolu. Que ce soit dans l'harmonie "classique" ou dans la synthèse "moderne". C'est à peu près pareil en design non ? Sans avoir des connaissances scientifiques on maîtrise vraiment la courbe de bézier ?...

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Citation ; Le fait de décorreler les 2 taches m'a permis de me concentrer sur la RIA, dans son approche globale, son interactivité, son ergonomie.
J'ai pu répondre à la promesse d'une interface simple à utiliser ayant la garantie technique que chaque idée était réalisable.


J'adhère tout à fait à cette conception du travail, il faut admettre que designer et developpeur fonctionne, si vous me permettez de généraliser un peu, fondamentalement différemment. On n'est pas designer professionnel sans une expérience d'outils très spécifiques, l'outil du designer, en plus de sa créativité et de sa sensibilité bien entendu, est précisément connu, standardisé au possible, et ne relève pas d'un simple schéma cartésien réinventable partout.
En tous cas pas autant que pour le développeur. Etre développeur et passer des maths à la géométrie, de la géométrie à OpenGL, d'OpenGL à C++ et de C++ à Javascript, c'est quasiment naturel... L'expérience qu'il faut avoir sur le terrain, c'est celle des systèmes (Mac, Pc, Linux...?). Ensuite le développeur doit aussi savoir témoigner d'un certain sens de l'esthétique, que ce soit dans ses codes comme dans ce qui en résulte.
Mais fondamentalement, le fonctionnement diffère, et chacun doit savoir ce qu'il peut et ne peut pas attendre de l'autre, le coupe design/développement est encore à inventer je pense. En témoigne la croissance exponentielle des considérations interactive, ergonomique, etc.


Citation :"Comment le designer et le développeur collaborent-ils sur des outils destinés ... au designer !". Via un designer d'interaction ? Un ergonome ? Un spécialiste IHM ? ... un designer interactif ?

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mais je rejoints ideokilo 2.0 absolument, faire la dichotomie design/developpement, c'est assez ardu aujourd'hui, la frontière est extrêmement poreuse, et on est difficilement l'un sans l'autre, en témoignent les écoles d'arts numériques, et le digital art en général... c'est un poncif à ce niveau : on ne peut pas tirer meilleur parti d'une activité de design sans connaitre les mécanismes de ses outils (aujourdhui numérique donc étroitement associé au développement), et inversement on ne peut pas fabriquer des outils numériques sans être conscient des conséquences sur l'impact utilisateur/créatif...

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(je poursuis mon monologue héhé)
...sans compter que pour les objets numériques, le travail de simplification des codes (via des librairies notamment, et l'ObjectDev) atteint un point tel que l'apparence et le code finisse par se ressembler abusément...

Sur les objets numériques, on distingue vite ce qui releve de l'IHM/ergonomie/design, et ce qui releve du backOffice/developpement/etc... et on aimerait penser que l'on va naturellement du designer vers le developpeur... la tete qui pense, et celle qui exécute.
Mais les faits montrent le contraire, et si souvent les designers ne codent plus, ils ont été codeurs un bon moment.

Enfin je me rapelle étrangement quelques cours d'histoire de l'art, et notamment sur le XIXème et je crois me rappeler, la fin de la dichotomie penseur/exécutant... chorégraphe/danseur, compositeur/musiciens, etc. Et le début d'artistes qui renouent avec leur machines. Et ce qui aurait mis fin à ça s'appelrait aujourd'hui "les arts technologiques"...

Alors, designer/developpeur ?
N'est pas dans ces longues apres midi de code que l'on trouve le zen inspirant ?
N'est pas en voyant ces objets numériques mal foutus qu'on milite pour une nouvelle forme ?

allez je vais me coucher lol

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